Paris - Bruxelles

Samedi 18 juin, j'ai fait Paris - Bruxelles en vélo. Soit quelques 330 kilomètres, mon nouveau record personnel et le début d'autres aventure.

Prelude - Journée école buissonière du 14 juin : Paris Chartres

Lorsqu'on me propose de poser une journée de congés pour faire du vélo, j'ai du mal à dire non. Quand c'est pour accompagner Elise sur son premier 100km, j'envoie un mail à mon chef dans la foulée

Nous voila donc en route pour un 100km, depuis le sud de Paris jusqu'à la cathédrale de Chartres (les cyclistes ont une vraie passion pour les cathédrales ...).

Départ à 9h, on roule tranquillement vers le sud pour s'extraire de Paris, ça change du dimanche matin, on se faufille dans le traffic. On fait pas mal de pauses, on papotte, c'est top. Ce chemin nous amène devant Dassault Systéme, depuis le temps que j'en entend parler, je vois enfin les locaux. Ca n'est pas aussi perdu que ce qu'on aime bien raconter, c'est même plutôt mignon comme coin (je dis ça, je dis rien, mais ils ont un bon CE en plus ...). Au bout de 40 km, on se rend bien compte que notre moyenne est basse, très basse, dans les 17/18 km/h. On décide donc de limiter les pauses pour atteindre Chartes avant la nuit (ok ... on était large à ce niveau là mais quand même). A partir de ce moment, le petit groupe va accumuler les incidents. Un déraillement (vite réglé), une crevaison (où j'ai pu regonfler un pneu avec une cartouche de C02 achetée pour le triatlon : ça déboite) et la désintégration d'un de mes rayons de ma roue arrière. Sauf que ... j'en avais déjà un de cassé (une petite chutte). Du coup ma roue arrière n'était plus vraiment plate mais complêtement voilée. Elle touche le patin de frein et le cadre, provoquant un "cui cui" d'aggonie à chaque tour de roue. Sur le coup j'ai pensé abandonner et rentrer chez moi à la première occasion, au premier RER croisé. Finalement je décide de reporter la décision à après manger, je prend toujours de meilleures décisions l'estomac plein. Pause déjeuner que nous ferons à Rambouillet, un bon confit de canard, c'est idéal pour reprendre des forces. Après ce festin, je n'ai pas pu me résoudre à abandonner mes copains à leur triste sort - je n'aime pas l'idée d'abandonner ... Je repars donc avec l'impression d'avoir un hamster coincé sous ma roue, je flippe de voir ma roue de désintégrer dans une descente, je pédale donc tout en retenue et délicatesse. Nous finissons par apercevoir la cathédrale au loin, 2 pics au milieu de nul part au bout d'une nationale. En réalité la cathédrale se trouve en haut d'une petite butte (200m de pavés à 8%...), c'est pour ça que la cathédrale se voit avant la ville de Chartres. Le bonus de fin !

Dans le train de retour, je suis content de la journée, on a bien discuté, c'était très sympa comme toujours avec le groupe. Elise commence à envisager la suite de l'aventure vélo, à savoir : se mettre en danseuse, passer aux pédales auto, changer de vélo (et avoir des roues de 700 et pas 650), se faire le mont Ventoux (la difficulté augmente rapidement !). Mais je n'ai également plus de vélo pour faire Paris - Bruxelles, seulement 4 jours après.

Prelude - Opération : réparer un vélo en un temps record

Le soir en rentrant chez moi, je regarde sur ProbikeShop si ils ont des roues pas trop chères. Ils ont réussi l'exploit de me livrer des surchausures commandées le mercredi avant le vendredi, je suis donc confiant sur le délais de livraisonn : c'est possible ! Mon pote me valide le modèle de roue (depuis les urgences, mais c'est une autre histoire), des Mavic de base, fini pour moi les modèles fragiles, sur un vélo que j'utilise pour aller bosser, c'est inenvisageable de mettre des roues chères. Je découvre la relatie fragilité d'un vélo de route. J'ai la chance d'avoir un collègue très très bon méchanicien de vélo, il connait énormément de choses, c'est très pratique. Les roues arrivent jeudi matin, jeudi midi on s'attaque au montage. A priori rien de compliqué, il suffit de retirer les pneus, les chambres à air, la cassette puis de remonter l'ensemble. Seul petit bémol, on a découvert une cassette Campagnolo alors qu'on s'attendait à y trouver une cassette Shimano et pour cause, le reste du groupe est en Shimano. Evidement du Campagnolo ne rentre pas sur une roue libre Shimano ... Jeudi soir je file à mon Décathlon préféré, je me plante en prenant une cassette 11 vitesse qui n'est pas compatible avec mon vélo. Vendredi midi je teste les magasins à proximité du bureau, sans succès, personne n'a de cassette Shimano 10 vitesse. Le départ pour Bruxelles est dans moins de 20h et je n'ai toujours pas un vélo qui roule.

Heureusement pour moi mon collègue est un Mac Gyver du vélo, il (je ne mentirai, je n'ai joué qu'un rôle d'assistant) m'a remis l'ancienne roue libre sur la nouvelle roue et on a pu réinstaller la cassette Campagnolo. Au prix d'une pause de 3h, le vélo est pret. Laver sa chaine et ses pignons dans un lavabo des toilettes du bureau : ça n'a pas de prix !

Paris - Bruxelles : Le ride

Levé à 3h10 pour être devant Notre Dame à 4h. Le ride étant Paris-Bruxelles, pas un immeuble du 14ème, un immeuble de la banlieue de Bruxelles :) Le réveil pique un peu, 3h de sommeil ça n'est clairement pas assez. Nous partons à 3, moi et 2 frères, bonne nouvelle tous le monde est bien révéillé. J'envoie un message d'encouragement à ma pote qui fait 80km en trail, elle aussi part à 4h, instant surréaliste quand elle répond ... Je me mets en route pour Notre Dame, j'évite les gens saouls qui rentrent de soirée en vélib. Devant la cathédrale, nous ne sommes pas seul, il y a foule, des touristes ... Le tradictionnel selfie qu'on met sur Facebook et en route. Bonne nouvelle pour nous, il ne fait pas spécialement froid, il ne pleut pas, tout est au vert !

On roule vers le canal de l'Ourc, la frontale entre le casque et la casquette. Note pour plus tard : acheter des vraies lampes. Le canal de l'Ourc, on connait, nous l'avons déjà suivi pour le 250km de novembre. Une longue bande de goudron assez plate où on distingue pas vraiment si le truc en contre bas est bien le chemin ou le canal. La petite blague de ce début de parcours est un passage "cross" : la route passe dans le parc d'un chateau, parc qui est fermé à 5h du matin. Nous longeons donc la grille sur un petit chemin boueux, avec la quantité de flotte tombée ces derniers mois, c'est très boueux et nos vélos ne sont pas adaptés. Je vais faire ma première chute de la journée, une souche sortie de nul part m'arrête net, me laissant chouare sur le coté. Pas de bobo, juste un peu mal au genou gauche. Les premières lueurs du jour pointent rapidement leur nez. On n'a pas trop chaud, voir même plutôt froid, les pieds se plaignent un peu mais globalement on est bien. On s'achête un pain au chocolat dans un petit village, ça fait un bien fou ; des fois je me suspecte de faire du sport uniquement pour ces moments là, où manger est la plus belle chose du monde. Pas moyen de trouver un bar PMU ouvert pour un café. Pas grave nous continuons. Les 100 premiers kilomètres sont vite avalés, la campagne Française est toujours aussi agréable en vélo. On fait des pauses régulièrements, nous sommes tous les trois en forme, les nombreux entrainements payent. La pause déjeuner se négocie après 200km, on se pose en terrasse d'un café, quelque part dans le nord. Un Coca accompagne parfaitement nos sandwishs. Le découpage du reste du parcours est simple : on retrouve le 3ème frère à 50km de l'arrivée, avant nous avons 2 lignes droites de 25/30 km. Oui oui, aucun virage pendant 25/30 km. Deux fois. C'est assez inconcevable et très pénible en vélo, en plus c'est vallonné, ça monte un peu avant de redescendre un peu, rien de marrant mais il faut le faire. La deuxième ligne droite, pourtant plus longue passera plus rapidement, merci le passage de la frontière Belge. L'arrivèe en Belgique est saluée par des klaxons, les Belges viennent de terrasser l'équipe de l'Eire 3-0. Et on peut dire qu'ils sont content. Les drapeaux nationaux ornent les maisons le long du parcours, rien à voir avec les quelques drapeaux Français à Paris, on sent une vraie ferveur autour du foot.

Le frère nous retrouve juste après l'ascenceur à bateaux, un immense batiment où les bateaux montent de 50m avant de réintégrer le canal. C'est impressionant. Pas d'ascenceur pour nous, mais la côte juste à coté, ça pique les cuisses.

Il ne nous reste plus que 50 km jusque Bruxelles, le long du canal en plus, un léger faux plat déscendant : facile ! Et bien non, la faute au service de voirie Belge qui préfère contruire des routes en juxtaposant des plaques de bétons plutôt que d'opter pour du goudron. Ce qui pour nous veut dire un 'toudou' toutes les 2 secondes, ça remue le ventre et ça rend dingue. Jusqu'à l'entrée dans Bruxelles, c'est compliqué et pénible.

On arrive dans le centre ville, entièrement piéton, c'est assez génial. Les pistes cyclables sont peintes en rouge, quelle belle idée ! Se faufiller entre les piètons relève d'une concentration de tous les instants, je ne suis plus très lucide. Je chutterai d'ailleurs juste devant le Maniken Pisse, j'ai déclipsé le pied droit et essayé de pauser le pied gauche ... Nous arrivons sur la grande place, c'est beau, à 19h30 les gens font déjà la fête, mais avec autant de choix de bières je les comprend facilement.

Le périple est terminé. 330 km en 15h30, avec environ 2h de pause, une moyenne de plus de 25km/h (en augmentation par rapport à nos précédents rides).

L'an prochain c'est décidé, ça sera Bordeaux - Paris.

Et j'ai toujours la Paris - Brest - Paris dans un coin de ma tête.

Pelican

Les copains

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